Montée au Chacaltaya, le plus haut
Le 27 septembre 2008, on avait décidé d'établir notre record en altitude. N'étant pas des alpinistes, ou plutôt des andinistes ici et ayant eu notre dose d'escalade autour du Machu Picchu, on a choisi la méthode la plus simple : le taxi. On lui a demandé de nous amener à la plus haute station de sport d'hiver au monde, à une heure de La Paz. C'est le Chacaltaya. La station est à 5300 m.
On avait une première preuve qu'on était à plus de 4000m puisqu'on a croisé des lamas ... et qu'il n'y en a vraiment pas au dessous. Ma montre altimetre indique plus de 5100 m. Je ne l'étalonnais pas. Elle devait indiquer 300 m de moins ici. A Valparaiso, elle m'a dit que j'étais à - 98m ... et je n'étais pas sous l'eau.
Depuis la station à 5300 m, on domine La Paz, la capitale la plus haute du monde. On dit qu'elle est à 3800m d'altitude, mais ça dépend où on mesure car la ville est tout en pente ... et croyez moi, ça grimpe. Mais ne croyez pas que nous nous sommes contentés du taxi. Nous sommes partis de la station pour escalader d'abord le point culminant du Chacaltaya à 5395 m. Et on a alors continué sur un massif un peu plus haut pour atteindre environ 5500 m. De là, on a une vue exceptionnelle sur une grande partie de la CORDILLERE ROYALE avec notamment le NEVADO ILLIMANI qui culmine à 6402 m. Quelle bolée d'air frais ! Mais pas d'oxygène, et ça on l'a bien senti.
Voici la "butte" à monter pour arriver à 5395 m. La pente est vraiment dure. Le banc à l'horizontal au dessus de l'escalier donne une idée de la raideur du chemin, surtout qu'à 5300 m, l'oxygène se fait rare. On domine très vite (en distance, parce qu'en temps, on va tout doucement) le refuge qu'on vient de quitter.
Les paysages sont magnifiques. Voici en contrebas de nombreux petits lacs colorés. On a mis 25 minutes pour arriver au sommet du Chacaltaya et ses 5395 m. Et on ne s'est élevé que de 95 m. Il fallait vraiment gagner chaque pas au prix d'un gros effort. Pourtant, arrivé au sommet, on voit que le seul véhicule venu cet après midi avec le nôtre (un utilitaire) avait amené des familles boliviennes avec de très jeunes enfants. Les voici avec Françoise et on prend le temps d'admirer le paysage ... et de souffler.
Mais, ce qu'on regarde surtout, c'est le sommet voisin ... encore plus haut. Vous nous connaissez, on a envie d'aller voir le paysage de plus haut et on se lance. Françoise monte d'un bon pas - bon ne veut surtout pas dire rapide, mais régulier. Claude doit s'arrêter tous les 10 pas et souffle comme un bœuf. Il envoie Françoise chercher un peu des neiges éternelles car pour lui, chaque pas devient trop dur. Claude passe le petit APN à Françoise ... au cas où elle arriverait seule au sommet.
Miracle, après une pause plus longue que les autres, Claude reprend du souffle. Il aborde premier le virage du chemin d'accès au deuxième sommet. Françoise aborde le virage. Vous remarquerez qu'elle a l'anorak tout ouvert. On ne ressent pas vraiment le froid, c'est l'oxygène qui manque. Françoise a utilisé le petit APN pour photographier Claude à 5500 m. On espérait faire une photo "aérienne" du lac Titicaca qu'on domine totalement depuis ce sommet, mais les nuages nous en ont privés. Pas de regret, les paysages nous ont quand même enthousiasmés ... mais on ne peut vous montrer toutes les photos.
On vous épargne la descente. Pas de problème d'oxygène quand ça descend, mais sur ces pierres schisteuses, il faut être très prudent et assurer chaque pas. A l'arrivée, le chauffeur de taxi nous a félicités, disant qu'on avait fait un excellent temps. Pourtant, on avait vraiment eu l'impression de se trainer. On a bien fait de le faire ... car on ne le recommencera pas. Mais qu'est ce qu'on a bien fait d'y aller !!!!