Qui a sauvé nos vignes ?

Vous savez qu’à la fin du 19 ème siècle, le Phylloxera a ravagé nos vignes et que ce sont les plans « américains » qui nous ont permis de reconstituer nos plantations avec les cépages qu’on avait exportés … là- bas. Comme tout Français, j’avais assimilé Amérique et USA … et pensé à la Californie. Grosse erreur, c’est dans la vallée de Maïpo – entre les 2 chaînes des Andes au Chili central, pas loin de Santiago – qu’on est allé rechercher nos cépages qui s’étaient merveilleusement acclimatés après que Silvestre Ochagavia (du Bordelais) les aient apportés. Les conditions (soleil, irrigations, sols) sont tellement favorables qu’il n’y a pas besoin de greffer les plans … et les vignes durent quatre fois plus longtemps que chez nous.

Le mystère carménère :

carménère au chili propriété chilienne concha y toro

Je ne connaissais pas ce mot, le correcteur de Word non plus et même mon Larousse en 12 volumes des années 60 ne le connaissait plus. Wikipédia le connaît maintenant : « Le carménère est un cépage de cuve noir originaire du Bordelais, où il fait partie de l'encépagement traditionnel. Très coloré, il ajoute brillance, rondeur et caractère lorsqu'il est mélangé à d'autres cépages, mais qui offre de faibles rendements et est très sujet à la coulure, d'où sa quasi-disparition en France depuis l'apparition de l'oïdium et du phylloxéra dans la région de Bordeaux, à la fin du XIXe siècle. » On considérait ce cépage comme perdu, jusqu’au jour où un éminent œnologue bordelais goûte un « cabernet » du Chili. Il est interloqué ; ce n’est pas du Cabernet et il retrouve les caractéristiques du carménère disparu. Il a reçu un très bon accueil des chiliens qui ont mis à jour toutes leurs étiquettes. Nous avons constaté sur place, lors de la visite de la propriété « Concha y Toro » (la plus importante propriété viticole du Chili) que les Chiliens font sans arrêt référence à la France pour montrer ce qui est bien en matière vinicole. La famille Rothschild est un grand producteur de carménère au Chili. Wikipédia précise : « Ce cépage bleu foncé, aussi appelé grande vidure en Bordelais, s'est remarquablement bien adapté au Chili, où il donne des vins rouges au fruité équilibré et corpulent. Apte au vieillissement, il peut être vinifié seul, mais accompagne remarquablement bien le merlot et le cabernet-sauvignon ». Il semble qu’on en ait réintroduit en France, mais on va demander aux Bordelais de se renseigner pour en savoir plus. On vous tiendra au courant.

Vendre du vin, ça rapporte.

Restons au Concha Y Toro, le plus grand producteur ... et exportateur ... de vins du Chili. Nous sommes à Pirque, 20 km au sud est de Santiago.

le parc de concha y toro le palais concha y toro

Admirez la propriété. Le parc a été dessiné par l'architecte Français Gustave Renner. La majestueuse demeure est représentée sur l'étiquette de certaines bouteilles

Chapelle de concha y toro le chais de concha y toro

Voyez la taille de la chapelle privée. Les chais présentent vraiment bien

dégustation de vin chilien vigne chilienne

C'est devant ce chais que nous attendait la première dégustation. Bien appréciée ... et le guide nous a dit : le verre, c'est cadeau ! Figurez vous qu'on a réussi à les ramener tous les deux jusqu'à Beauvais. Les vignes ! C'est tout ce qu'on a vu, car la vigne prévue dans la visite vient d'être arrachée pour être replantée. Nous avons bu la bouteille de Carménère que. On n'est pas dépaysé, c'est vraiment un bon Bordeaux. Ca coûte 6 euros à Super U et c'est une production des chais "Los Vacos", rachetés par Rothschild et toutes les exportations de ce chais portent le nom du milliardaire.

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